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Histoire

Depuis sa fondation au Moyen Age, le Luxembourg a donné à l'Université de Louvain, plusieurs recteurs, de nombreux professeurs et des étudiants, plus nombreux encore, dans toutes les disciplines. Ceux-ci ont toujours été au centre de l'animation culturelle et étudiante de l'Université, puisque les distances les obligeaient , plus que les autres , à y résider.

C'est en 1879 que cette vieille dame qu'est la Lux vit le jour sous l'impulsion de quelques étudiants universitaires. Ils avaient pour noms, Alphonse Henrotte , Adelin Fermine, Alfred Orban de Xivry, Camille de Briey, Jean Jadot, Jos Jeanty, Henry Piette.

Ils nourrissaient depuis quelque temps le désir de se regrouper entre Luxembourgeois pour passer plus justement les longs mois qu'ils restaient éloignés de leur pays en cette lointaine cité, au passé prestigieux qu'était Louvain de ces temps là.

La première de l'histoire.

La société des étudiants Luxembourgeois, la LUX, la première régionale, vit officiellement le jour le 17 novembre 1879. Le 3 mars 1880, elle était dotée de statuts. Alphonse Henrotte en fut le premier président.

D'année en année, les présidents et les comités élus statutairement vont se succéder. D'autres régionales virent aussi le jour. Ces nouvelles structures faisaient une place non négligeable à des activité sérieuses. Elles avaient notamment pour but d'organiser en commun les loisirs et de développer les liens d'amitié entre étudiants de la même contrée.

En 1891, la LUX acquit un premier drapeau où se détache sur les couleurs de leur terre la solide devise: "STEMUS SIMUL" (restons debout ensemble). Fort d'un drapeau, les pionniers choisissent de suite un hymne qu'ils puisent chez notre grand historien Godefroid Kurth :"l'Union Luxembourgeoise".

Un drapeau, un hymne, il lui fallait un insigne : c'est la HURE, lourde et velue. Dès 1908, étudiants et bourgeois vont la connaître et la voire défiler toujours en tête au côté du drapeau. On la célèbrera par une ode fameuse due à la plume fervente de Constant Gribomont. Elle est depuis sans cesse répétée dans le silence respectueux de nos assemblées.

Flamands et Wallons: schisme en 1902

A l'époque, les régionales étaient regroupées dans une association plus vaste: "La Société Générale des étudiants" fondée en 1878, en son sein flamands et wallons. C'était sans compter sur l'esprit communautaire qui allait naître chez nos collègues du nord. Les difficultés ne tardèrent pas à surgir, le courant flamingant se développait depuis plusieurs années. Après tiraillement, cassure, la "Générale" est réorganisée en 1902 sous de nouvelles bases: division en deux branches autonomes. Celles-ci prendront les noms de "Fédé" et "Het Verbond" en 1908. Ce dernier, mordant, discipliné et organisé devint vite un groupe de pression efficace , avec ses revendications culturelles, il était en mesure de galvaniser ses troupes. "La Fédé" plus centrée sur les activités de type récréatif se bornais le plus souvent à réclamer pour les francophone le maintient de positions acquises. Elle regroupaient les différentes régionales et provinciales et prenaient en main la défense de leurs intérêts communs d'ordre linguistique et culturel. C'est dans le climat de ces années-là qu'est née la fameuse "Ode à la Hure".

1914 était entamé sous la présidence de Jean Gribomont, élu le 23 mai de la même année. Mandat éphémère qui ne dura que deux mois. En effet, en août, les Ulhans franchissaient nos frontières au pays de Herve; le 25 de ce mois, Louvain subissait leurs assauts destructeurs et sanguinaires: 1500 maisons, la bibliothèque, la collégiale brûlèrent. L'université se disloquait et s'effaçait durant les quatre années de guerre.

Nombreux furent nos aînés à se lancer dans la grande bataille. Nombreux furent-ils à y tomber; la LUX en a conservé un souvenir ému.

1919. L'heure de la victoire, l'heure du retour. Louvain renaît. Le 15 février, trente membres se réunissent à nouveau: beaucoup d'entre eux s'honorent de porter leur glorieux uniforme des années de tourmentes. Ce soir là, le lieutenant de Génie Albert Béringer, blessé de guerre est élu président à l'unanimité. Les années suivantes verront encore à la présidence des anciens de l'Yser. Ils avaient rapporté des tranchées, maturité, solidité, foi et ferveur qu'ils communiquaient à leur troupe.

Après l'interruption de la guerre, les premières générations d'étudiants s'efforcèrent, malgré les difficultés matérielles, de renouer avec les traditions d'avant 14. Louvain fut envahie par une foule de garçons ayant dépassé l'âge des études et dont un certain nombre, anciens combattants, avaient pris l'habitude, voire le goût des coups durs. La question flamande fournit l'occasion de "jolies margailles" et le gourdin devint un adjuvant normal de la tenue de soirée de nombreux étudiants.

La crise des années 1929 et suivantes eut pour effet d'accroître le nombre des jeunes gens de familles modestes à l'université. Les "noceurs" devirent de plus en plus rares, les cours de moins en moins "brossés" car apparut une masse amorphe de "manches à bal" (ainsi dénommés car le "manche à balais ne brosse pas")

Augmentation aussi du nombre de "navetteurs" qui modifiaient l'atmosphère de la vie de Louvain au cours de l'année. L'introduction aussi à la même époque des retours plus fréquent au sein des familles, lors des week-ends.

Les distractions quotidiennes ne manquaient cependant pas avec quelques temps forts qui scandaient la monotonie de l'année académique: les cortèges, les revues, les grandes farces, etc. Louvain restai une ville aux grands ébats estudiantins, ce qui aide à comprendre la définition que donnait en 1928b le "catéchisme du bleu" publié par "l'Avant garde": "Qu'est-ce que Louvain? Louvain est une vaste université dans la cour de laquelle nous avons permis à quelques bourgeois de bâtir leur maison, pour nous servir et nous égayer.".

Régionale bien structurée, la LUX assumera en pleine maturité sa place respectée et enviée en milieu universitaire et extra-universitaire.

1940. La guerre à nouveau déferlait sur notre pays. La LUX ébranlée allait lui payer un lourd tribut. A la liste des "morts pour la Patrie", une vingtaine de nouveau noms s'ajoutèrent après le conflit.

Durant des années, la LUX dut poursuivre ses activités clandestinement. Les bombardements de 1944 défigurèrent à nouveau Louvain et pulvérisèrent la bauge (lieu de réunions des membres de la LUX)

Noël 1944: offensive des Ardennes.



La LUX culturelle et féminine

Puis le printemps revint et mai 1945 faisait renaître l'espoir. Un nouveau souffle, un nouvel esprit commençait à animer notre vieille Alma Mater; la LUX se sentait mûre et prête à un nouvel élan: les 25 années qu'elle allait ensuite parcourir lui seraient particulièrement vivifiantes.

Naturellement, de nouvelles structures naissaient:

Cette nouvelle dimension déjà présente l'année d'avant-guerre fut consacrée à l'unanimité par le comité de 1945-1946. On trouva dans le premier comité de la LUX culturelle un certain abbé Massaux.... On assista à partir de cette époque à de nombreuses rencontres et autres conférences qui instruisaient, précisaient les connaissances, étayaient les esprits et toujours mûrissaient et enrichissaient l'attachement de la LUX à leur province.

La LUX Féminine est née en même temps que la LUX Culturelle. Elles sont donc soeurs jumelles et toutes deux filles bien-aimées de la LUX.

En milieu universitaire, au sein de multiples associations d'étudiants, notre régionale brille. Contestée, enviée parfois, elle s'impose comme "première" à Louvain et au sein d'associations wallons. A maintes reprises, officiellement, les autorités académiques l'appuient et la reconnaissent publiquement.

"La régionale est bâtie sur des bases assez solides pour pouvoir envisager sereinement l'avenir"

"Une de ces bases est la tradition, encore qu'il soit hasardeux d'affirmer que les choses doivent être parce qu'elles ont toujours été. Il n'en reste pas moins vrai que la tradition est une force. Mais l'essentiel réside dans le fait que la régionale à une raison d'être plus naturelle que n'importe quel type d'association à l'échelle universitaire. Et ce n'est pas seulement le "sentiment" qui nous pousse à croire que l'attachement à une même région est au moins aussi "naturel" que l'appartenance à une faculté. Une des conséquences de cette situation en l'enrichissement possible au contact des copains d'autres disciplines".

En effet, est né au lendemain de la guerre, un "esprit facultaire". Un peu outrancier avec des réalisations multiples, heureuses parfois, mais toujours étriquées. Il maintenait ses adeptes au sein d'une même faculté, les privant de l'oecuménisme universitaire dont l'étudiant profitait largement au sein d'une régionale et qui le servirait plus tard dans ses activités professionnelles.



Les Compagnons de la Hure

1947. Sous la présidence de Louis Adam, création de l'ordre des compagnons de la Hure, distinction accordée aux étudiants luxembourgeois ayant bien mérité du Luxembourg, distinction enviée et sagement distribuée, qui récompensait bien des LUX inconnus de nos listes de comitards.

Après un 70e anniversaire parcouru sous la présidence de Philippe Jadot, la LUX vécut une année (1952-1953) fermement gouvernée par le camarade Jacques Planchard, dont le chant de revue nous dit:

"

Planchard notre président est un dictateur, sans vergogne comme Naguib, c'est un tyran Et il a d'ailleurs la même grogne , Il connait la politique, Et il s'aperçoit qu'on s'entête il s'incline sans réplique mais il fait quand même à sa tête...."

Un jour de ces années là, les noirs carolos pénétrèrent subrepticement à la bauge et y volèrent notre Hure; leur vieux châssis à molette leur emblème, rouilla bien vite misérablement dans un coin sordide du Zing (bauge de l'époque) trois années durant.

Puis vint l'an de grâce 1954-55 (l'année du 75e, la seconde année de présidence du camarade Michel Valet)

De quelques milliers d'étudiants dans les années trente, la population atteignait 20.000 unités en 1960. Aggravée par les destructions de 1944, la crise du logement était devenue particulièrement aiguë dans les années cinquante. Le kot était alors réduit à la chambre unique polyvalante. Les autorités académiques construisirent de nouvelles pédagogies, encouragèrent l'ouverture de maisons "communautaires" sur la base facultaire et entreprirent la construction d'une cité universitaire dans le paec d'Héverlé en 1960.



La Maison de la LUX

Un beau soir de "culturelle" au printemps 1957, le camarade président Claude Guiot et son comité lança l'idée de la construction d'une maison de Luxembourgeois à Louvain. Celle-ci allait prendre corps au cours des années suivantes.

Cette idée fit en effet son chemin... En annexe du moniteur belge du 30/07/1959(ref.: N°3382, p. 1959) paraissaient les statuts de l'a.s.b.l. de la "Maison de la Société Royale Luxembourgeoise de l'Université de Louvain", en abrégé "Maison de la LUX à Louvain".




Tout était prêt. La première pierre fut même posée, en son sein, le parchemin inaugural, quelques pincées de terre d'Adenne, de Gaume, de Famenne, la décoration des compagnons de la Hure et aussi quelques poils de cette honorable bête.

Mais la promesse de monseigneur le Recteur de mettre à la disposition de la LUX une partie du domaine de Héverlé ne put se réaliser. Abandon du premier projet de la "maison de la LUX'' dans la cité universitaire. Ainsi, comme on l'a écrit "la première pierre contenant son parchemin fut la seule abandonnée en Ménapie".

Peut-être en était-il mieux ainsi, car en ces temps déjà, confusément, on percevait les "Walen buiten" qui de jours en jours allaient se faire entendre de plus en plus précisément.

L'esprit restait clair, joyeux et gaulois en ces premières années indécises, les canulars restaient bons: la LUX lançait une invitation pour une garden party dans les serres royales de Laeken; lasse d'un climat incertain, elle fut la grande animatrice dans la recherche d'un terrain d'implantation possible en terre wallonne et le 15 décembre 1965, 6.000 étudiants francophones mobilisaient tout le charoi touristique de Brabant et Liège pour émigrer dans leur nouveau fief d'Hout-Si-Plout, "sa campagne et ses trois cafés".

Des modifications statutaires importantes sont proposées par le bureau 1960-1961 et entreront en vigueur l'année suivante. Elles créent un poste nouveau; "le grand maître" qui fut chatgé de remplir les fonctions anciennement dévolues au vice-président (le domaine des relations extérireures), le vice président devenant exclusivement l'adjoint du président. Elle l'introduit au bureau en même temps que le président culturelle confirmant la qualité et l'importance de la fonction de ce dernier.

Au cours des années qui suivent, la LUX ainsi que toutes les structures du monde universitaire louvaniste participera aux mutations dictées par le grand chambardement qui s'amorçait.

En dépit des efforts fournis par les francophones. L'idée d'un déménagement des facultés françaises en un autre site s'imposait cependant et avec elle s' amenuisaient les forces engagées au combat. La faculté de médecine et les faculté annexes s'orientaient dés 1966 vers le site de WoluWé. Les unes après les autres, les plus faibles d'abord, les régionales allaient s'effacer un instant (la Liégoise, la Namuroise, la Athoise...) pour renaître plus tard sur le site de Louvain-La-Neuve. La LUX sera la seule à soutenir sa continuité sans pour cela ressentir les effets de ces temps troublés.

L'année 1967-1968 met en place un dernier comité très homogène qui maintien solidement les traditions sur le modèle ancien (bibitives-culturelles-sorties-sports). C'est hélas, la dernière année de bauge au "Zinc". Nombreux sont, en effet, les locaux "visités" par les flamingants désireux d'appliquer un plus rapide encore "Walen buiten"



Le premier recteur francophone

En 1968, la scission entre communautés francophone et flamande est consommée au sein de notre vielle Alma Mater. Monseigneur Massaux Edouard, luxembourgeois (chestrolais) qui avait été premier président de la culturelle 1945-1946 devint le premier Recteur de l'U.C.L.

L'idée d'un local propre à la LUX se cocrétise le 1er Mars 1969 par l'inauguration d'une maison LUX au 69 rue de Malines, soigneusement fêtée par revue et banquet. Elle y séjournera jusqu'en 1971.



Ensuite, on a retrouvé une LUX nomade et affaiblie, mais toujours présente à Louvain. En mai 1972, la régionale s'installait enfin au Bailly, rue de Namur. Celui-ci fut le vrai dernier bastion francophone de Louvain; il était devenu, en effet le symbole de la liesse et des soirées estudiantines wallonnes. Connu et fréquenté de tous, il compte certainement parmi les meilleurs et grands souvenirs de beaucoup de ces années là.


1974-1975. Cette année reste éprouvante dans cette atmosphère de diaspora où les facultés wallonnes partagèrent leurs effectifs sur les trois sites; les unes en instance de départ, les autres dans le désordre et l'insécurité d'une fraiche installation. La LUX ouvre à Louvai-la-Neuve son premier appartement comunautaire.

C'est à Pol Weynandt qu revint l'honneur d'être le premier président de la LUX à Louvai-la-Neuve (1977-1978). Notre régionale quitte la crêperie bretonne à la clientèle trop huppée et s'installe dans un nouvel appartement.

A Louvain-en-Woluwé, grâce a l'initiative de la présidente Ginette Delhaize, la LUX renaît.

François Eppe, en 1978-1979, un ancien de Louvain, devint président. La LUX a pu s'imposer auprès des autorités académiques et obtenir son premier "cercle" (rue des Bruyères), qu'elle inaugura de belle façon par de joyeuses libations. En tant que responsable des sports au sein du comité de François Eppe, Josy Henrion et quelques autres membres dévoués construirent le 1er bar néo-louvaniste en 1978.

C’est dans ce local, qu’en mai 1979, il fut élu président de la Lux. Pendant les vacances scolaires et le début de la rentrée en septembre 1979, ce même bar fut démonté et reconstruit au rez-de-chaussée de la rue de Wallon 65, dans lequel fût établi nos quartiers à cette date.

Josy Henrion fut le 1er président à occuper ces locaux, 100 ans après la création de l'association. A l'époque, le bar se situait dans le fond du local à gauche et le président occupait le studio au fond du couloir de l'étage à droite. François Eppe (président du comité spécial 100ème anniversaire, crée en raison des nombreuses manifestations prévues) occupait le même studio au second étage.

Depuis cette époque, le bar a été démoli pour faire place à un nouveau bar flambant neuf au même endroit que maintenant. Le commu également a subit beaucoup de modifications, avec la suppression des studios en faveur d’un communautaire plus grand. La Lux ne disposant plus alors que du 1er étage, le second étage étant attribué à la Fédé.

Depuis, de nombreuses fresques sont venues décorer la salle dont "Tendre Violette" de Jean-Claude Servais et "Hermine" de Palix en 2008.

C'est de ce point névralgique qu'aujourd'hui encore, naissent les grandes organisations et manifestations (la semaine culturelle par exemple) des étudiants du Luxembourg. Aujourd'hui comme hier, le même esprit les rassemble.






 

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